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Le saumon, une espèce emblématique toujours en difficulté

Le saumon est une espèce hautement patrimoniale. Son intérêt halieutique est toujours élevé. Il est également symbole de la qualité des cours d’eau qu’il fréquente. Ses populations sont en difficulté sur de nombreux bassins. Les moyens mis en œuvre pour sa protection et sa restauration sont considérables mais leurs résultats entravés par de nombreux facteurs adverses qu’il faudrait résorber.

Une espèce patrimoniale en difficulté

Espèce migratrice se reproduisant en eau douce pour croitre en mer, le saumon est connu de tous et représente le garant de la qualité des rivières. Présent dans les fleuves français au 18ème siècle, sa répartition s’est réduite aux fleuves côtiers bas-normands, bretons et pyrénéens, à l’axe Loire et Garonne. Sur certains de ces bassins, la situation est difficile avec des effectifs faibles et variables parfois au bord de la disparition. Parmi les causes de cette situation, les barrages sur cours d’eau empêchent ou retardent la migration des adultes vers leurs frayères situées à l’amont des cours d’eau. Les zones amont des cours d’eau sont souvent fortement aménagées et tant le cours d’eau que son bassin ne présentent les conditions nécessaires à la fraye du saumon. Les pollutions, les dérivations, le réchauffement sont également mis en cause pour cette espèce qui nécessite des eaux froides, de qualité et de fortes vitesses de courant. Les smolts (qui sont les petits saumons rejoignant la mer en dévalant) rencontrent des turbines qui peuvent leur être fatales. Le saumon est également une espèce exploitée en mer comme en eau douce. Cette exploitation constitue une pression supplémentaire mais est également un indicateur de la chute des stocks à l’échelle de l’Atlantique (chute des captures d’un facteur 10 sur plusieurs pêcheries sur les 40 dernières années).

Des progrès mitigés

Les actions réalisées sur les ouvrages hydrauliques, les milieux, les débits, le rempoissonnement, la pêche, etc. concernent souvent le saumon et bénéficient aux autres espèces. Toutefois, les stocks restent fragiles et force est de constater que les actions entreprises ne suffisent pas à inverser nettement la tendance.

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Evolution du retour saumons adultes (courbe rouge) d’un hiver de mer (gauche) et de plusieurs hivers de mer de 1970 à 2014 pour la France (source CIEM 2015). La ligne pointillée illustre la limite de conservation.

Si l’effet de facteurs marins reste mal connu, des difficultés de migration dans les eaux douces par exemple restent bien identifiables.

Carte du bassin Loire montrant les pourcentages de mortalité à la dévalaison des smolts par barrage (ronds blancs) et les pourcentages de mortalité cumulées par axe (couleurs des lignes).

Si plusieurs facteurs de raréfaction du saumon peuvent être cités, celui de la continuité peut être pris en exemple. Le saumon exploitant tout le linéaire des cours d’eau qu’il fréquente, il suffit d’un ouvrage infranchissable ou difficilement franchissable pour remettre en cause le fonctionnement de la population d’un bassin. Même aménagés, les ouvrages hydrauliques entraînent souvent des retards de migration entamant les chances d’une reproduction efficace après une remontée des adultes ayant largement entamé leurs réserves énergétiques. La remise en cause de l’arasement des barrages de la Sélune (qui couvrent la majeure partie des frayères d’une rivière au potentiel important pour le saumon), l’aménagement hasardeux de Poutès préféré à son arasement sont autant de points noirs très importants sur des axes majeurs pour l’espèce.

La contribution de la pêche associative de loisir

La pêche de loisir contribue à la gestion des populations de saumon par les nombreuses actions sur les milieux (continuité, hydromorphologie, suivis des effectifs dans les cours d’eau et sur les stations de comptage…). Toutes les captures de saumon sont déclarées et un suivi réalisé en collaboration avec l’INRA et l’ONEMA permet de faire remonter les captures des pêcheurs à la ligne au niveau national. Les populations de saumon étant gérées par des Totaux Autorisés de Captures (TAC), le suivi des captures permet une application fine de cette gestion.

Pour tout savoir sur la déclaration de capture des salmonidés migrateurs

Voir l'image en grand Pêcheur de Saumons en action (FNPF-GED)

La position de la FNPF

Dans une situation de grande difficulté sur tous les bassins français, l’objectif global proposé est de retrouver des effectifs et des conditions (exploitation, milieux…) permettant un renouvellement autonome et durable des populations de saumon là où ces dernières ne sont pas dans cet état.

Sur la pêche du saumon, les structures de la pêche associative proposent :

  • N’autoriser la pêche que pour les stocks au-dessus de leur limite de conservation.
  • Gérer les captures via des totaux autorisés de captures révisables sur chaque rivière à saumon.
  • Interdire la pêche dans les zones où les stocks sont mélangés avant remontée dans leur cours d’eau d’origine et en zone estuarienne en aval de la limite transversale à la mer (sauf cas où la connaissance des stocks et des captures est suffisante).
  • Limiter les captures de saumon de printemps à 2 par an et par pêcheur à la ligne.
  • Limiter la pêche des grands saumons par dates de pêche et protection des zones amont.
  • Imposer un encadrement de la pêche et une déclaration des captures aussi stricte en milieu marin qu’elle est en eau douce et contrôler le braconnage.
  • Intégrer les facteurs socio-économiques trop souvent sous-estimés pour la pêche de loisir.

Il est nécessaire de reconquérir les milieux perdus pour le cycle du saumon et refuser toute dégradation supplémentaire de ces milieux. Outre la restauration physique et chimique des milieux de production, la transparence migratoire doit être obtenue dans les deux sens de migration. Il faut acquérir une meilleure connaissance des facteurs de mortalité en mer et en eau douce.

Il faut organiser une meilleure connaissance des impacts des élevages salmonicoles sur les populations sauvages (génétiques, pathologie…).
Enfin les structures de la pêche associatives et les associations migrateurs rappellent que les propositions précédentes ne peuvent être mises en œuvre qu’avec les moyens financiers et organisationnels adéquats.